Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 23:06

 

Mise en évidence du capital immatériel : méthode de valorisation soustractive

 

 

Le capital immatériel peut être rapproché de l’écart entre la valeur de marché et la valeur comptable.

Cependant, deux problèmes se posent. Premièrement, le capital immatériel n’est pas la seule variable à l’origine de cet écart. Deuxièmement, cette méthode n’est pas exploitable car elle ne permet que l’obtention d’une valeur globale de l’actif immatériel, et ne donne pas la répartition de cette valeur sur les différents actifs qui le composent. 

Il faut donc considérer cette méthode comme une simple technique de mise en évidence de l’existence du capital immatériel.

 

 

 

La méthode de valorisation additive d’Alan Fustec et Bernard Marois :

 

 

Le capital immatériel est la somme des valeurs préalablement déterminées de tous les actifs immatériels qui le composent.

La technique s’appuie, dans un premier temps, sur la notation de chacun des actifs immatériels, puis sur leur valorisation grâce à l’approche par flux futurs (DCF).

 

La notation des actifs immatériels est réalisée à l’aide de six principes :

 

-          Le classement des actifs immatériels en sources (capital client) et collecteurs (les autres actifs) de cash, afin de ne pas compter deux fois la même chose.

 

-          Les actifs n’ont pas tous le même poids. On considère que le poids relatif d’un actif par rapport aux autres est basé sur le coût de remplacement de cet actif.

 

-          Un actif immatériel n’est évalué que sur ses caractéristiques propres.

 

-          Les actifs immatériels, éléments complexes, doivent être décomposés en éléments simples afin de pouvoir être étudiés (questionnement analytique gigogne).

 

 

Sur ce point, l’outil de diagnostic de l’observatoire de l’immatériel a pour but, dans un premier temps, de fournir des exemples pertinents de décomposition. Il deviendra par la suite un élément de comparaison sectoriel. 

 

-          Chacun de ces éléments simples doit être étudié grâce à des indicateurs.

 

-          Une échelle de notation unique doit être définie afin de permettre le rassemblement des évaluations élémentaires.

 

L’interprétation des notes se fait grâce à des ratios et des règles qui sont déduits des différents principes de notation.

 

 

 

Puis vient la phase de valorisation des actifs :

 

La méthode de valorisation employée n’est évidemment pas une science exacte. D’ailleurs, il existe différentes méthodes de valorisation des actifs immatériels, n’aboutissant pas toutes exactement à la même valeur.

La valorisation s’effectue en considérant les actifs existants au moment de l’étude, et en s’appuyant sur le classement des actifs immatériels en sources et en collecteurs de cash.

 

 

Nous étudierons ici les trois méthodes de calcul présentées dans le livre Valoriser le capital immatériel de l’entreprise, d' Alan FUSTEC et Bernard MAROIS :

 

 

 

  • Calcul de la valeur de création - remplacement de l’entreprise:

 

Valeur de l’entreprise = actif net réévalué + V-CRE

 

L’actif net réévalué correspond à la valeur réelle des actifs matériels, c’est-à-dire à leur valeur de marché, et V-CRE est une estimation d’un budget de reconstitution de l’actif immatériel de l’entreprise.

 

 

  • Calcul de la valeur de rendement des clients:

 

Valeur de l’entreprise = actif net réévalué + V-Rend client

 

V-Rend client est calculée à partir du cash flow du dernier exercice, sur le principe de la méthode DCF.

Le coefficient d’actualisation prend alors en compte des critères tels que la fidélité de la clientèle, la note du capital client, ainsi que des critères de satisfaction, de risque et de solvabilité de la clientèle.

 

 

  • Calcul de la valeur de rendement des actifs de collecte:

 

Valeur de l’entreprise = actif net réévalué - immobilisation + V-Rend des actifs de collecte

 

Pour calculer la V-Rend des actifs de collecte, il est nécessaire de suivre trois étapes. Il faut tout d’abord déterminer la part du cash flow qui revient à chaque actif suivant les valeurs de création-remplacement. Puis il faut appliquer la méthode DCF, de la même façon que fait précédemment pour le calcul de V-Rend client. Le coefficient d’actualisation dépend de la note reçue par chacun des actifs lors de la phase de notation. Enfin, il faut faire la somme de tous les actifs de collecte, sans oublier de soustraire la valeur des immobilisations.

Par Nicolas Simonnet - Publié dans : Valorisation d'entreprise
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